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Section de la Drôme

Obsèques d'Hubert Rozières

25 avril 2019

Puy-Saint-Martin, le 26 avril 2019

Obsèques d’Hubert Rozières,

chevalier de la Légion d’Honneur

 

Eloge du Président du comité Vallée de la Drôme

de la Société des Membres de la Légion d’Honneur

 

(au présent éloge s’associe M. Daniel Cuoq, Président de la Fédération des unités FFI de la Drôme)

 

Hubert Rozières, s’il a été admis tardivement dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, n’en représentait pas moins un très bel exemple de qualités éminentes au service de remarquables actions.

 

Depuis un peu plus de deux siècles, la Légion d'honneur est la plus élevée de nos distinctions nationales. Elle est la récompense de mérites éminents acquis au service de la Nation, soit à titre civil, soit sous les armes, selon la définition donnée par « le Code de la Légion d'honneur » en vigueur depuis 1962. Cette formulation diffère à peine du but qui lui était déjà assigné par la loi du 19 mai 1802, date de la création de l’Ordre de la Légion d'honneur, à savoir « récompenser les services civils et militaires exceptionnels rendus au pays », en dehors de toute considération sociale ou héréditaire et ce dans tous les secteurs d'activité.

 

La vie d’Hubert Rozières, telle que retracée lors de sa remise de décoration en octobre 2012 à Puy-Saint-Martin, constitue un parfait exemple de cette synthèse d’engagements en faveur de la communauté nationale.

 

Il est né le 27 novembre 1926 à Etampes d’un père mécanicien et d’une mère couturière.

En 1933, la famille s’installe à Nantes où Hubert fait des études primaires puis secondaires. En 1943, il est contraint d’interrompre ses études à cause des bombardements. Il refuse de partir travailler en Allemagne malgré l’ordre reçu.

Il s’emploie au sein de la défense passive à porter secours aux nombreuses victimes.

Réfractaire au STO (Service du Travail Obligatoire en Allemagne), il parvient à se soustraire aux recherches. Il rejoint la zone libre. Il arrive à Puy-Saint-Martin où il a de la famille qui l’accueille aussitôt.

En juin 1944, il rejoint la 17ème compagnie du Capitaine Vernier du 4ème bataillon des FFi de la Drôme (de l’Armée Secrète). Il contribue à la libération de Montélimar. Le 1er septembre 1944 il s’engage auprès du 159ème Régiment d'Infanterie Alpine (« 15-9 ») pour la durée de la guerre.

Il participe aux opérations sur la frontière Italienne (Modane, Termignon, Lanslebourg notamment)

Après des manœuvres au camp de Chambaran, il participe avec son régiment, en tant que soldat motocycliste de 1ère classe avec la 2ème DB du général Leclerc, aux combats de libération de Strasbourg. Le 2 février 1945 il est blessé par un éclat d’obus à Schiltigheim. Il est évacué à bord d’un train sanitaire et transféré à l’hôpital de Lesvellec dans le Morbihan.

En mai 1945 il est muté au 504ème Régiment de Chars de Combat à Valence où il quitte le service le 30 mai 1945.

 

Dès son retour à la vie civile, Hubert Rozières s’investit au sein des associations d’Anciens Combattants. Il crée la section de Rhin et Danube de la région Crest-Puy Saint Martin et veille à ce que le drapeau soit toujours présent à toutes les manifestations patriotiques.

 

A titre militaire et civil, il était titulaire des décorations suivantes : Chevalier de la Légion d’Honneur (au titre du Premier Ministre) - Croix de guerre 39/45 - Croix du Combattant Volontaire - Croix du Combattant 39/45 - Titre de reconnaissance de la Nation // Chevalier de l’ordre du mérite agricole - Médaille de la jeunesse et des sports - Médaille d’honneur départementale et communale - Médaille d’Honneur du Travail (vermeil).

Monsieur le Maire a convenu avec moi de poursuivre cet éloge de manière concertée, par l’évocation de la vie civile d’Hubert Rozières, à qui notre comité rend hommage, et tout spécialement le Colonel Brochier, actuellement hospitalisé, qui l’avait décoré.

 

Nous gardons le souvenir d’un homme affable, généreux, attentif à participer à nos activités, en un mot d’une grande qualité.

 

                                                                            Colonel (H) Marc Estrangin

 

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Hommage du Maire de Puy-Saint-Martin

 

Pour cet hommage à notre ancien maire Hubert ROZIERES, je prends la parole au nom de toutes les puy-saint-martinoises et tous les puy-saint-martinois, et j’associe à mes propos ses anciens adjoints :

  • Pierre CAILLY, excusé pour des raisons de santé
  • Claude CHAPOUAN, Max LAMANDE, et Max NOYER, ici présents

 

Résistant, combattant, Hubert ROZIERES était aussi fortement impliqué dans la vie de notre commune. Il est impossible de résumer en quelques minutes les nombreuses étapes de sa vie citoyenne.

Hubert était un « boulimique » de l’action publique.

 

UN HOMME ENGAGE

Pas seulement pour défendre notre pays et nos libertés, mais aussi à travers la vie associative :

  • En 1956, il a créé le Syndicat d’Initiative dont il est resté longtemps Président.
  • Dès 1964, il venait régulièrement de Valence apporter les bobines de film pour les séances de cinéma qui se tenaient dans les locaux de l’école actuelle.

Il a été pendant de nombreuses années correspondant du Dauphiné Libéré.

 

UN ELU « BATISSEUR »

Elu conseiller municipal en 1971, il devient 1er adjoint en 1977, puis maire en 1980 suite au décès accidentel d’André BORNE. Il effectuera ensuite 2 mandats de maire de 1983 à 1989, et de 1989 à 1995, soit près d’un quart de siècle au service de notre commune.

On peut lui attribuer :

  • La construction des logements sociaux en 1985
  • Le premier Plan d’Occupation des Sols en 1989
  • La Mise en place des préfabriqués du Parc en 1988
  • La construction de la station d’épuration en 1994
  • La mise en place du RPI avec Roynac en 1994
  • Sans oublier : Le terrain de tennis, les ronds-points, la réfection du réseau d’eau potable dans le vieux village, …

Il faut souligner qu’il ne se contentait pas de gérer les dossiers ; il mettait le plus souvent lui-même la main à la pâte.

 

Enfin, on ne peut pas évoquer le passé d’Hubert ROZIERES sans parler de FIERTE.

UN HOMME FIER

Mais une fierté noble, synonyme de dignité. Cette fierté des sportifs qui ont la satisfaction du devoir accompli.

Une fierté communicative : Hubert était un entraineur d’hommes. Il savait convaincre et motiver.

Et aujourd’hui, il est la fierté de tout un village, reconnaissant d’avoir eu un maire comme lui.

 

 

C’est, nous croyons, l’image que nous devons garder de lui : un homme passionné, entreprenant, fédérateur.

On pourrait citer de nombreuses anecdotes qui ont accompagné sa vie publique. Elles alimenteront sans doute les discussions au cours de la réception que la municipalité a prévue après les cérémonies pour lui rendre hommage.

 

Nous voulons, au nom du conseil municipal, et de l’ensemble de notre communauté puy-saint-martinoise, présenter nos très sincères condoléances à sa famille, ses enfants, Monique, trop tôt disparue, Gisèle, Michel, Annick, à leurs enfants et petits-enfants, et leur témoigner notre reconnaissance pour ce qu’Hubert ROZIERES a fait pour notre commune.

Nous voulons également leur dire qu’ils peuvent être fiers de l’œuvre de leur père, grand-père, arrière-grand-père.

 

Et, pour terminer, qu’il nous soit permis de citer le Général de Gaulle :

« Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera, tôt ou tard, une source d’ardeur nouvelle après que j’aurai disparu. »

Nous sommes convaincus, HUBERT, que ton action te survivra, que les valeurs que tu as portées et défendues se transmettront.

 

Merci Hubert.

 

                                                                                   Michel Giles

 

 

 

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