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Section de la Drôme

Obsèques du colonel Bogdan FILIPOWICZ

24 mars 2021

HOMMAGE au Colonel Bogdan FILIPOWICZ, le jeudi 25 mars à ORANGE

par le lieutenant-colonel (er) Marcel SIRDEY

                                   

Notre camarade et ami légionnaire, le colonel Bogdan, FILIPOWICZ, nous a quittés le 22 mars 2021.

Il était né le 13 février 1929 à PONT à MOUSSON, de parents émigrés ukrainiens, fraîchement arrivés en France.

Engagé volontaire et bachelier, il est incorporé au 18ème Bataillon de transmissions à METZ-QUELEU comme caporal-chef et sert en qualité d'opérateur radio, spécialité lecture morse. Nomme sergent en 1949, il rejoint le bataillon de marche d'Annam situé à Nha-Trang  (Vietnam). De retour en métropole fin 1951, il est affecté à WITTLICH au début de l'année 1952, puis est admis à la préparation à L'ESMIA à STRASBOURG. En 1953, il intègre cette école à SAINT CYR Coetquidan et rejoint la promotion CEUX de DIEN BIEN PHU. En 1954, il épouse  mademoiselle Jeannine Kesselmark et tous deux auront cinq enfants.

Nommé sous-lieutenant dans l'Artillerie, il rejoint le 25ème RA de THIONVILLE. Peu de temps après il suit un stage d'observateur puis de pilote de l'aviation légère de l'Armée de Terre en Allemagne. De 1957 à 1960 il sert au peloton ALAT de MOSTAGANEM (Algérie). De retour en Europe, il est muté au 32ème RA à MULHEIM (Allemagne). Capitaine en 1962, il rejoint le 24ème RA à MERS EL KEBIR comme commandant de batterie. En 1963 il est affecté l'Ecole d'Artillerie à CHALONS SUR MARNE, où il sert en qualité d'instructeur des EOR jusqu'en 1969.

En 1969, il rejoint l’Etat-major, au Secrétariat Général de la Défense Nationale à la Documentation française, en charge d'analyser la presse soviétique. Il suit un cycle d'enseignement aux langues orientales puis est nommé professeur de russe aux écoles de  COETQUIDAN. En 1975, il est affecté à BADEN BADEN au 2ème Bureau du Commandant en Chef des Forces Françaises en Allemagne, sa mission principale étant la liaison entre la mission militaire soviétique et le commandant des forces françaises. Il est également en charge des contacts avec la mission militaire Française de liaison près les Soviétiques à Postdam et des relations avec les services britanniques et américains.

Admis à la retraite en 1980, il rejoint dans les réserves le poste d'officier de liaison de la Sûreté  Nationale auprès des alliés. Il a notamment pour mission de recueillir des informations auprès des personnes s'évadant du bloc de l'EST. En qualité d’interprète il effectue des missions au profit de divers organismes (2ème Bureau de l'EMA, DGA,DGSE, Normandie-Niemen), ce qui va lui donner l'occasion de se déplacer à de nombreuses reprises en URSS puis en RUSSIE.

Atteint par la limite d'âge de son grade en 1994, il doit hélas arrêter, ce qu'il qualifiera comme ses plus belles missions, pour se fixer à ROCHEGUDE avec son épouse.

Au cours des années à servir à la France, les mérites et la valeur militaire du colonel Bodgan FILIPOWICZ ont été reconnus par la remise de prestigieuses décorations : Officier de la Légion d’Honneur, Officier de l'Ordre National du Mérite, 4 croix de la valeur militaire. Il a été le premier officier français à être décoré de l’Ordre National du Mérite Allemand.

Au nom du Général de brigade Aérienne VAN DUYNSLAGER, président de la section SMLH de la Drôme, du Général de Corps d’Armées, SERPOLLET, président honoraire de la section SMLH de la Drôme, du Comité de PIERRELATTE et de l’ensemble des légionnaires de la section SMLH  Drôme , je vous présente madame FILLIPOWICZ, ainsi qu’à toute votre famille nos très sincères condoléances.

Attristé par le décès du colonel FILLIPOWICZ, Le Général de division Aérienne, ROCHE, président du comité SMLH de MONTELIMAR s’associe notre démarche. Il en est de même pour le colonel BERTRAND, président honoraire du comité SMLH de PIERRELATTE qui vous prie de l’excuser de ne pouvoir être présent aujourd’hui, il me charge de vous transmettre ce message :

«Devant ce Russophone distingué et membre reconnu de la communauté du Renseignement  avec lequel j’ai entretenu des rapports étroits et des plus amicaux, je salue respectueusement sa mémoire et présente mes condoléances attristées à son épouse et à sa famille. Grand soldat de l’ombre, il était un maillon essentiel de la chaîne du renseignement et à ce titre je portais à ce grand soldat un immense respect et une amitié de frère d’Arme « 

Mon colonel, il était normal au moment de vous dire adieu de rendre témoignage à votre famille de tout ce que la France vous doit. Notre reconnaissance, notre estime et notre respect sont immenses autant que votre passé.

                                            Merci mon colonel et Adieu.

 

              

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