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Section de la Drôme

Décès de Monsieur René PLANCHON

28 mars 2019

Monsieur René PLANCHON nous a quittés le 25 mars 2019 à l'âge de 83 ans.

 

Habitant de Sauzet, appelé sous les drapeaux, il avait quitté son village chéri, Sauzet, et ses êtres chers, à 21 ans pour combattre en Algérie. En 1957, il tomba sous la mitraille des balles. Grièvement blessé, il fut rapatrié sanitaire. Une balle avait fini sa course dans son crâne. Après plusieurs séjours dans des services hospitaliers, il a pu retrouver sa ferme et continuer son travail d'agriculteur. Il était Médaillé militaire et avait reçu la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur en 1971.

 

Neuf porte-drapeaux et ses frères d'armes étaient présents en l'église de St-Marcel-lès Sauzet ce vendredi 29 mars. Notre Comté était représenté par Monsieur Jean-Claude LAUNAY, porte-drapeau  et le général Alain ROCHE, qui a prononcé un dernier hommage. A noter la présence de Monsieur le Préfet Roland FERNEZ qui a secondé le général ROCHE pour l'organisation de la cérémonie du devoir de mémoire.

Je ne puis m'empêcher d'avoir une pensée de recueillement  à la mémoire du Lieutenant-colonel André BRUYERE et de Madame Paulette DELOCHE, décédés également au cours des jours derniers.

 In memoriam"

Hommage légionnaire à Monsieur René PLANCHON  Chevalier de la Légion d'Honneur par le Général Alain ROCHE

 

           

Madame, Monsieur, votre époux, votre père, votre grand-père, Monsieur René PLANCHON était Chevalier de la Légion d'Honneur. Cette décoration prestigieuse, créée et conçue, en 1802, par le Premier Consul Napoléon BONAPARTE, est marquée par l'Histoire et la Morale. Le mot Honneur résonne comme la cristallisation de la dignité et des valeurs les plus nobles. J'ai tenu cet après-midi au moment où nous disons au revoir à notre frère d'armes mettre en parallèle les valeurs du premier Ordre de notre pays avec celles qui animaient Monsieur PLANCHON. Il nous a quittés lundi 25 mars au cours de la nuit.

            Cette récompense de la Nation est représentative du Peuple de France. Elle n'est pas réservée aux seuls militaires et distingue aussi, à parité aujourd'hui, le monde civil. Bonaparte disait « les soldats les plus humbles seront fiers de porter cette décoration au même titre que les savants les plus illustres ». Ou encore, cette décoration a pour vocation de « réunir le courage des militaires aux talents des civils »

            Les Légionnaires ont donc toutes et tous des parcours différents. Mais au-delà de leur diversité, ils incarnent tous les mêmes idéaux, les mêmes valeurs, à savoir : la solidarité, l'honneur, le courage, la volonté de faire bouger les choses et, par-dessus tout, l'engagement.

            Monsieur PLANCHON appelé pour combattre en Algérie en 1956, a quitté Sauzet, son village chéri, et ses êtres chers. Il venait d'avoir 21 ans. Peu de temps après il fut rapatrié sanitaire. La santé recouvrée, il partit une seconde fois sur le sol algérien en juin 1957. Mais un funeste destin avait décidé de le cueillir dans la mitraille des balles dès le mois de juillet. Gravement blessé il fit l'objet de soins intensifs pendant de longs mois. Certes la faux de la mort avait décidé d'épargner sa vie mais elle allait le frapper dans son corps et dans son âme pour toujours. Monsieur PLANCHON a servi la France avec dévouement au péril de sa vie. Il aurait pu connaître le sacrifice suprême. Il a été un miraculé. La balle venue terminer sa course dans son crâne en est la parfaite illustration. Comme tous les légionnaires, il n'a jamais renoncé à ses idéaux. Il a su s'appuyer sur sa force de caractère et sa volonté pour construire avec d'autres un monde meilleur. Il n'a jamais renoncé, jamais abdiqué. Il est resté fidèle en permanence à ses engagements, à l'honneur. L'Honneur est un don de soi. Il n'est pas raisonné, il est intrinsèque à l'homme. Il développe un principe moral de conduite et d'action aux travers des plus belles qualités humaines : probité, courage, vertu, dignité, intégrité, respect de soi et respect des autres. Avoir le sens de l'honneur revient à s'élever au dessus des écueils de la vie et des dérives de l'humanité. L'homme, n'est pas parfait. Mais il doit avoir le réflexe de revenir sur le chemin de l'honneur chaque fois qu'il s'en écarte.

            Ce sens de l'honneur a guidé monsieur PLANCHON, dans son engagement au service de la France. Il a su faire siens les mots « Honneur et Patrie » qui sont la devise du premier Ordre national. Peut-il y avoir un plus bel héritage que cette devise associée à celle de notre Nation « Liberté, Egalité, Fraternité ». Cinq mots, qui s'ils étaient toujours respectés, gommeraient toutes les aspérités des hommes. N'écoutez pas les sirènes de ceux qui prennent plaisir à dénigrer la Légion d'Honneur et les légionnaires suite à des nominations par eux jugées injustifiées. Ce serait faire fi des services éminents rendus à notre Nation par des femmes et des hommes tels que monsieur PLANCHON.

            La Légion d'Honneur constitue l'un des remparts républicains sur lequel viennent se briser les tempêtes de l'égoïsme, de l'inégalité et de l'injustice. En 217 années, elle a connu deux empereurs, trois rois, quatre Républiques, 26 Présidents. Son existence a parfois été mise en péril en particulier en 1848 et en 1870. Mais son prestige et sa force lui ont permis de surmonter chacune des épreuves que notre Patrie a subies.

            La Légion d'Honneur est beaucoup plus qu'une décoration. Certes, elle est une marque de reconnaissance envers celles et ceux qui se sont dévoués pour leur pays. Mais elle est aussi un porteur de mémoire et de valeurs pour les générations qui nous succéderont. Elle est l'essence même de notre pays, de notre Patrie. C'est pour cela que les hommes et les femmes décorés de la Légion d'Honneur doivent toujours garder à l'esprit, le mot de Maurice DRUON, Grand-croix de la Légion d'honneur, « Porter cette Croix rend fier, assurément, mais modeste aussi, quand on songe aux héros et aux génies sur lesquels elle a brillé ».          

Madame, tous les membres de votre famille, nous tous réunis cet après-midi matin, soyons fiers et reconnaissants de ce qu'a réalisé René PLANCHON.

           

Monsieur PLANCHON, le destin des hommes a fait que nous nous sommes rencontrés, il y a peu. Mais le peu de temps passé à vos côtés a été largement suffisant pour que je puise reconnaître en vous, un homme vrai, sincère, courtois, honnête et sans doute modeste. Puissent ceux qui ne trouvent plus leur chemin dans notre France tellement belle et chargée d'histoire prendre exemple sur vous qui avez répondu présent le jour où la Nation vous a appelé.

            Au moment de vous quitter, je souhaite remercier les porte-drapeaux, vos frères d'armes, vos proches, vos amis, qui sont venus vous accompagner jusqu'à votre dernière demeure.

            Au revoir Monsieur PLANCHON, au revoir mon frère d'armes.

 Montélimar, le 29 mars 2019

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